2015, des statistiques

Worpress fournisant aux bloggeurs un rapport annuel très sympa, je me suis dit qu’il était intéressant de le publier. J’ai moins écrit en 2015 qu’en 2014, mais vous m’avez plus lue, et je vous en remercie, mes lecteurs et lectrices connu(e)s et inconnu(e)s !

Voici un extrait de ce rapport :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 12 000 fois en 2015. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 4 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Deuxième repas de Noël, Saint-Sylvestre, premier repas en 2016…

Samedi 26 au soir, c’était le grand Noël familial, et cette année il se passait chez moi. Nous étions dix. J’ai servi, en entrée, du foie gras cuit au sel, des rouleaux de saumon fumé au fromage frais (inspirés de cette recette), et une salade de mâche. En plat, j’avais eu une illumination : j’adore le chapon, mais découper un chapon pour dix personnes pendant que tout le monde est assis à attendre, c’est peu agréable. J’ai donc demandé au volailler du marché, Ogiz, s’il pouvait me fournir (sur commande) un chapon entièrement désossé, et il l’a fait. J’ai donc fait rôtir un chapon désossé et farci (farce issue de cette recette), que j’ai accompagné d’une purée de courge butternut. Le dessert était amené par la famille, sous forme d’une tarte aux pommes, d’un gâteau à la crème, d’une mousse au chocolat et d’une salade de fruits.

Dimanche midi, nous avons mangé les (abondants) restes du repas de la veille.

Dimanche soir, après avoir vu, avec grand plaisir, My Fair Lady à l’Opéra de Lausanne, nous avons très bien mangé au Restaurant du Théâtre attenant. J’ai pris des huîtres en entrée, puis une sole impeccablement cuite et assaisonnée.

Lundi soir, nous avons mangé au Mirabeau avec des amis. Je crois en avoir déjà parlé sur ce blog, c’est un des bijoux cachés de Lausanne, un restaurant de bon hôtel ouvert tous les jours, situé près de la gare, offrant une superbe cuisine française judicieusement modernisée ainsi qu’un service impeccable, chaleureux et attentif. J’ai commandé une salade de homard en entrée, très fraîche et d’une simplicité absolue qui mettait parfaitement en valeur la bestiole, puis le châteaubriand, excellent.

Mardi soir, j’ai grillé des côtelettes d’agneau, que j’ai assortie de flageolets à l’ail.

Mercredi soir, j’ai profité de l’absence de mon fils cadet, qui n’aime pas le foie, pour mijoter du foie de veau à la vénitienne, accompagné de petits pois.

Jeudi soir, c’était la Saint-Sylvestre, et nous étions en petit comité. En entrée, j’ai fait une salade de homard au jus de yuzu, et en plat, un tartare de cabillaud, escorté de céleri rémoulade. Le dessert fut un Paris-Brest acheté en boulangerie.

Vendredi soir, nous avons testé (et approuvé !) un nouveau restaurant, l’Oustau, qui propose (ce qui est rare à Lausanne) des plats de cuisine provençale. Une jolie carte des cocktails en apéritif, et une carte des mets courte (ce qui pour moi est un compliment, je me méfie des cartes longues comme un jour sans pain) et appétissante. J’ai pris 6 huîtres en entrée (comme je l’avais expliqué la semaine passée, je suis la seule chez moi à aimer les huîtres, ce qui fait que j’ai tendance à me jeter dessus quand j’en trouve au restaurant), puis une côte de veau parfaite, avec une purée de pommes de terre tout aussi parfaite (et comme le disait mon père, c’est dans les mets simples que l’on reconnaît les bons restaurants – une bonne salade, une bonne purée, ce sont des gages de savoir-faire).

Premier repas de Noël, et autres délicatesses

Samedi soir, nous avons fait un excellent repas au restaurant Les Saisons, dont je parle dans mon précédent billet.

Dimanche midi, j’ai servi une raclette, avec des pommes de terre en robe des champs et un petit bocal d’aubergines sous huile acheté au marché, très bonnes.

Dimanche soir, cet article sur le blog Sinogastronomie m’a poussée à faire du poulet Rama (c’est pas ma faute M’dame, c’est lui qui m’a obligée !). J’ai trouvé une recette, c’était pas mal du tout, et encore meilleur froid le lendemain midi.

Lundi soir, nous avons été manger au restaurant vietnamien Hoi An BBQ, à Ouchy. En entrée, nous avons partagé un petit assortiment de rouleaux frits et gâteaux de riz vapeur. En plat, nous avons aussi partagé un plat de porc grillé et un plat de bœuf grillé, le tout à enrouler dans des feuilles de riz avec des vermicelles de riz et des herbes. En dessert, j’ai pris les bananes au tapioca et au lait de coco, c’était délicieux, typiquement le genre de dessert que, paraît-il, la plupart des occidentaux n’aiment pas (trop gluant je suppose) et que j’adore.

Mardi soir, j’ai fait mariner des tranches de cou de porc dans un Spicy Cajun Rub (mélange d’épices commercialisé par Jamie Oliver) et un peu d’huile d’olive. Grillées, elles étaient très juteuses et succulentes. Je les ai accompagnées de betteraves à la crème d’avocat (en omettant le sel au citron vert, qui me semblait une complication inutile), excellentes elles aussi.

Mercredi soir, nous avions été nous promener et boire du vin chaud au centre ville, en profitant d’une nocturne. Nous avons ensuite mangé dans mon restau chinois préféré, chez Xu. J’ai pris le porc sauté aux piments avec du riz blanc, et nous nous sommes tous partagés les fameux raviolis grillés, toujours aussi bons. Inutile de dire qu’étant donné les portions gigantesques, le repas du lendemain midi était tout trouvé !

Jeudi soir, c’était la veille de Noël, et j’ai donc cuisiné un vrai repas de Noël pour quatre (en attendant la grande fête familiale du 26 décembre, dont je vous parlerai la semaine prochaine) : carpaccio de coquilles Saint-Jacques à la truffe noire, puis cailles désossées farcies au foie gras avec une sauce aux morilles et aux raisins inspirée de cette recette, accompagnées de cardons au lait (je recommande, c’est une recette simple, légère et exquise) puis crème au Vin Santo et cantucci. Le tout était parfait, festif, délicieux et très digeste.

Vendredi soir, j’ai fait les spaghettis créoles prévus la semaine dernière et dont la sauce m’attendait sagement au congélateur.

Les Saisons, une perle cachée

Il y a bientôt une semaine, samedi soir, nous avons été manger dans un restaurant gastronomique dont on entend peu parler, Les Saisons. Il s’agit d’un des deux restaurants du Grand Hôtel du Lac, à Vevey. J’ai décidé de lui consacrer un billet car je ne suis toujours pas revenue d’avoir fait un repas aussi extraordinaire dans un lieu aussi peu médiatiquement visible.

L’endroit est attrayant, avec une très jolie terrasse et un décor qui mélange modernisme et Grand Siècle, avec des beaux parquets et du papier peint en grisaille représentant des scènes très Marie-Antoinette, de lustres de Murano, un nappage blanc étincelant et un amusant bestiaire en sculptures métalliques posé sur les tables. La salle unique peut servir, à vue de nez, une trentaine de couverts.

La carte se présente de manière simple, avec deux menus : le menu « Découverte de saison », en quatre ou cinq plats (130 et 155 francs respectivement), et le menu « Voyage gastronomique » en six plats (175 francs). On vous précise aimablement que tout plat de l’un ou l’autre menu peut aussi être pris à la carte.

Nous avons opté pour le Voyage Gastronomique. Notre première entrée fut « Langoustine Avocat | céleri branche | citron cumbawa ».

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Non seulement c’est ravissant, comme vous pouvez le voir, mais c’est culinairement une pure merveille, en particulier dans le traitement du céleri branche, sous la forme d’une branche confite (mais non sucrée), ce qui lui fait relâcher des saveurs incroyables, beaucoup plus subtiles qu’à l’accoutumée, ainsi que de feuilles frites aériennes, croustillantes et savoureuses. Sur cette base, les langoustines formaient un contraste très délicat, aiguisé par le mariage parfumé avocat-cumbawa. Dans la petite assiette de côté, en déclinaison, un petit tartare de langoustine et avocat fondant et parfaitement délectable.

La deuxième entrée se nommait « Ris de veau Carotte | courge muscade | miel | sésame ». Je cuisine moi-même les ris de veau, et j’avais été très déçue par ceux dégustés chez Passard à L’Arpège à Paris, qui, pour un prix exorbitant, n’étaient franchement pas meilleurs que les miens. Aux Saisons j’ai été comblée :

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Sur un lit de tranches de courge, lui même reposant sur une purée de carottes, était posé le ris de veau, nappé d’une sauce qui, bien qu’au miel, n’avait rien de doucereux. Le tour de force, à mon sens, résidait dans le fait de servir un ris de veau qui, bien que saucé, restait croustillant à l’extérieur et moelleux à l’intérieur, et dont la sauce n’étouffait pas la subtilité du ris. Les goûts de la courge, de la carotte et du sésame se fondaient parfaitement entre eux, pour former finalement un plat triomphalement réussi. Pour l’accompagner, une petite salade de carottes au sésame, bonne mais pas exceptionnelle, et une délicieuse petite soupe de courge avec un mini-beignet de ris de veau, exquis :

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Ensuite, comme plat de poisson, on nous servit « Sole « Petit Bateau » Huîtres | topinambour | betterave | pak choï ». Pas de photo, j’ai oublié d’en faire, toute occupée à la dégustation… Sole ferme et de goût très fin, une huître en beignet qui ne m’a pas convaincue (mais je dois avouer que je n’ai jamais compris l’intérêt de cuire des huîtres, ce qui leur enlève une bonne partie de leur goût), et une huître dans sa coquille, superbement assaisonnée d’une légère vinaigrette.

Le plat de viande était « Pigeon fumé et rôti Cèpes | salsifis | échalotes | café ». C’est d’abord tout un spectacle (que j’ai malheureusement oublié de photographier), puisque nous avons vu arriver un chariot surmonté d’une cloche. La cloche est soulevée, relâchant une vapeur aux notes fumées alléchantes, pour dévoiler le pigeon. Une fois servi dans l’assiette, voici ce que ça donne (les accompagnements étant servis dans des petites assiettes à part, qui ne figurent pas sur la photo) :

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C’est une belle harmonie en brun, n’est-ce pas ? C’est aussi (et surtout), une belle harmonie en bouche. L’assiette est pulvérisée de café, et de gauche à droite on voit les cèpes, le salsifis, et le pigeon. J’ai rarement dégusté du salsifis, et jusqu’à présent le peu que j’en avais mangé ne m’avait pas convaincue. Aux Saisons il était délicieux, sans amertume, avec un goût très fin et une consistance serrée, sans aucune aquosité. Quant au pigeon, il était fabuleux, avec une sauce concentrée qui faisait ressortir à peine une pointe de café, parfaite.

Nous avons ensuite vu arriver un splendide chariot de fromages, avec un beau choix de pâtes mi-dures et molles, tant françaises que suisses. J’ai enfin pu goûter la boule de Belp dont j’avais plusieurs fois entendu parler, et que j’ai trouvée excellente. J’ai aussi dégusté un excellent « Bleu des montagnes » suisse.

Et pour terminer dignement ce festin, nous avons eu comme dessert « Ananas Pamplemousse | vanille | meringue » :

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N’aimant pas le pamplemousse, je n’ai pas fait honneur à la quenelle de sorbet, mais l’ananas sur sa base meringuée était très bon, et la légèreté et la fraîcheur du tout furent bienvenues.

Un mot encore des vins et du service : nous avons demandé un accord vins-plats, qui fut réussi, sans être exceptionnel. Le service était absolument charmant, mais malheureusement un peu désynchronisé dans la séquence vins-plats, il y a donc là clairement un potentiel d’amélioration. Ceci dit, on nous a très aimablement et spontanément offert deux verres de vin pour compenser ces petits défauts, geste très apprécié.

En conclusion, il s’agit pour moi d’un chef dont la cuisine est clairement à la hauteur des plus grands cuisiniers de ce pays, et donc d’un rapport prix/plaisir exceptionnel, et je ne peux que vous encourager à y aller ! Sachez que ce billet n’est absolument pas « sponsorisé », comme on dit, le restaurant ne sait même pas que je l’écris.

Les Saisons
Grand Hôtel du Lac
Rue d’Italie 1
1800 Vevey
Tél. +41 21 925 06 06
http://www.hoteldulac-vevey.ch/fr/cuisine-fr/les-saisons/

Indienne et créole

Samedi soir, repas indien : en apéritif, j’ai fait un vrai Bombay Fizz (gin, sirop de sucre, jus de citron vert, eau gazeuse, délicieux), en entrée, un Pachadi de betteraves avec des petits pains de Goa du livre de Madhur Jaffrey Flavours of India, puis un poulet au chutney vert du même livre, accompagné de riz basmati et d’un chutney de noix de coco tiré du livre Vegetarian Indian Cookery. Enfin, en dessert, un dessert à base de yaourt, de cardamome et de pistaches tiré de ce dernier livre.

Dimanche midi, j’ai servi un assortiment de charcuteries : jambon cru (plusieurs sortes), sobrassada (étalée du du pain et passée au four 2 minutes), saucisson sec. En effet, j’ai découvert une boutique espagnole qui a pignon sur rue aux marchés de Vevey et de Lausanne, La Vinifera. Ils ont du délicieux jambon cru – plusieurs qualités – ainsi que des chorizos divers et variés, des olives, des fromages (et pas seulement du Manchego, même si j’adore ça), bref plein de bonnes choses. En accompagnement, j’ai fait une salade de choux de Bruxelles crus et de poires, que j’ai trouvée bonne mais qui n’a convaincu aucun de mes hommes.

Dimanche soir, j’ai utilisé mes propres recettes de cuisine rapide et fait des coquelets à la diable avec une salade de pois chiches. Lundi soir, j’ai commencé une semaine créole (j’ai décidé d’utiliser cette semaine le livre Gourmande et Créole, et les plats de lundi, mardi et jeudi en sont tirés). J’ai cuisiné du poulet au citron vert (en utilisant des haut de cuisse de poulet désossées à la place des blancs, c’est plus moelleux) qui s’est révélé excellent, et l’ai accompagné de frites d’igname (cuites dans mon tout nouveau joujou, la friteuse ActiFry).

Mardi soir, j’ai fait une autre recette (créole toujours), à savoir du bœuf à la goyave, avec du riz blanc. Malheureusement, et je ne sais pas pourquoi (j’ai utilisé du rumsteck), le bœuf était dur, et de plus, apparemment, mes fils sont sensibles à une âpreté de la goyave que mon compagnon et moi-même ne décelons pas (si quelqu’un a une explication, je suis preneuse). Le plat n’a donc pas eu beaucoup de succès.

Mercredi soir, nous avions invité des amis. En entrée, je leur ai servi du houmous à la courge butternut et à la grenade ainsi qu’une salade de roquette. Je fais assez régulièrement le houmous avec la recette de mon père, ça m’amusait d’en faire un totalement différent, et il était très bon. En plat, un filet de bœuf cuisson lente, accompagné d’un beurre curry-orange tiré de cette recette, et des carottes Vichy. Le dessert était amené par nos invités, une belle bûche de Noël maison.

Jeudi soir, j’ai mijoté une recette (créole again) de porc aux bananes, excellent, que j’ai servi avec du riz basmati.

Vendredi soir, j’avais prévu des spaghettis créoles, mais nous nous sommes retrouvés impromptu tous les deux, et avons du coup décidé d’aller manger au restaurant. Comme j’avais déjà commencé à préparer la sauce des spaghetti, je l’ai vite finie avant de partir au restaurant, hop au congélateur, elle servira la semaine prochaine ! Nous avons été à l’Osteria Balsamico (dont je parle ici), et c’était toujours aussi bon. Nous nous sommes partagés une entrée de carpaccio de poulpe et une autre de carpaccio de bœuf (bizarrement accompagné, seule fausse note, de confit d’oignons bon mais pas du tout adapté à ce plat), puis j’ai pris des agnolotti à la viande sauce Parmesan et truffe blanche juste parfaits. Nous avons arrosé cet excellent repas d’un non moins excellent vin du Lazio, un Poggio Le Volpi Baccarossa.

Légumes hivernaux

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Samedi soir, j’ai réchauffé le reste du bortsch de mercredi, et complété avec des fromages.

Dimanche midi, j’ai fait une fondue moitié-moitié – profitons de l’hiver !

Dimanche soir, j’ai servi des ris de veau poêlés accompagnés de cardons et pommes de terres mijotés (j’achète les cardons déjà parés, épluchés et blanchis, en sachets sous vide, au marché). J’aime beaucoup les cardons et je ne suis pas fan du traditionnel gratin, donc j’ai cherché une recette pour les apprêter autrement et je suis tombée sur celle-là, ma foi excellente. Mais j’ai aussi trouvé quelque part sur la toile (du diable si je me souviens où…) une indication précieuse : le cardon étant un cousin de l’artichaut, on peut utiliser toutes les recettes d’artichaut (en adaptant les temps de cuisson, bien sûr). Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, et je sens des cardons dans mon proche avenir…

Lundi soir, j’ai fait une poêlée de kale, chipolatas et haricots blancs. Recette très tendance, et à vrai dire très bonne !

Mardi soir, j’ai suivi le lien posté par une amie et fait une agréable salade de légumes croquants et crevettes (en utilisant de la betterave crue à la place des poivrons, et de la laitue pommée à la place du chou). Le temps était plutôt doux, et une salade en hiver, de temps en temps, ce n’est pas si mal.

Mercredi soir, j’ai servi des coquilles Saint-Jacques poêlées, du riz Venere, et des poireaux étuvés. J’avais lu que l’on pouvait faire le riz Venere comme un risotto, en précuisant le riz 15 minutes à l’eau bouillante et en utilisant cette eau comme un « bouillon » pour le risotto subséquent, et effectivement, ça a très bien fonctionné (ne pas oublier de rajouter du sel, puisque le bouillon n’en n’est pas un !).

Jeudi soir, j’ai fait un excellent repas au P’tit Lausannois : 12 huîtres en entrée (j’adore les huîtres et ne peux jamais en servir, étant la seule de la maisonnée qui les apprécie), puis une exquise salade de ris de veau croustillants à l’ail, et enfin une assiette de fromages, le tout accompagné d’un Cheverny blanc Domaine du Salvard absolument délicieux. C’était, je crois, ma quatrième visite au P’tit Lausannois, et je trouve que la qualité de la cuisine (déjà très bonne au départ) s’est considérablement améliorée.

Vendredi soir, un repas simplissime, ma comfort food préférée : polenta, œufs brouillés et cottage cheese.

Décembre, déjà…

Ce n’était pas entièrement prévu, mais nous avons beaucoup été au restaurant cette dernière semaine.

Samedi soir, nous avions invité des amis. En entrée, j’ai servi un velouté de butternut au curry et aux morilles. En plat, un gigot boulangère (cuit au four sur lit de pommes de terre, donc) accompagné d’une salade de mâche. Et en dessert, j’avais préparé des verrines de poires aux speculoos. J’ai fait le tout sans recettes (vive l’expérience !).

Dimanche midi, j’ai servi des fromages ramenés du Piémont (du Castelmagno et un étonnant chèvre aux baies de genièvre, entre autres), accompagnés de raisin, kakis persimmon, poires et noix.

Dimanche soir, une repas de flemmarde : des grenadins de veau cuisson lente (vite passés à la poêle, puis 50 minutes au four non ventilé à 90°, cuisson parfaite pour une viande superbement tendre) sauce au Porto et aux morilles, et du chou romanesco aux amandes (5 minutes pour blanchir le romanesco, pas une de plus, avant de le sauter à la poêle avec les amandes, et c’était parfait – alors que toutes les recettes donnent 10 à 15 minutes) :

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Lundi soir, j’ai fait des spaghetti carbonara (avec du guanciale ramené du Piémont). Remarque de mon fils, à qui j’en avais fait récemment avec de la très plébéienne pancetta : « C’est vrai que c’est meilleur avec du guanciale ! ». Monsieur a le palais discriminant, je ne peux pas le blâmer…

Mardi soir : après le théâtre, nous avons fait un repas rapide au National, à Vevey. J’ai mangé un loup de mer au beurre blanc (accompagné de boulgour très bien cuit et épicé et d’une cassolette de petits légumes).

Mercredi soir, j’ai mitonné un bortsch, avec cette recette déjà testée et vraiment délicieuse.

Jeudi soir, repas impromptu chez Gnutti : une première entrée de charcuteries italiennes, une deuxième de casoncelli alla Bergamasca, et pour finir des saltimbocca accompagnés de légumes mélangés en plat. Nous mangeons d’habitude du poisson chez Gnutti (c’est sa grande spécialité), nous avons voulu tester la viande, c’était délicieux ! Le tout fut arrosé d’un excellent rouge Toscan. [EDIT : malheureusement, Gnutti a fermé fin 2016]

Vendredi soir, nous avons fait un très bon repas à l’Indécis. Mon « Foie gras poêlé à l’armagnac compote d’échalotes aux herbes » était parfait, et mon entrecôte parisienne sauce 3 poivres, très classique, était excellente. Nous y avons bu un vin que je ne connaissais pas, en provenance d’Afrique du Sud, un Wolftrap, qui est un assemblage Syrah, Mourvèdre et Viognier – une jolie découverte ! [EDIT : malheureusement, l’Indécis a lui aussi fermé]

Living Well is the Best Revenge

2015-11-21 16.51.11 Pater noster
Jacques Prévert

Notre Père qui êtes aux cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la trinité
Avec son petit canal de l’Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son Océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-même d’être de telles merveilles
Et qui n’osent se l’avouer
Comme une jolie fille nue qui n’ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Aves leur tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l’acier des canons.

2015-11-21 16.52.29

Je n’ai pas écrit depuis un moment sur ce blog – au moment où je me préparais à le faire, il y a bientôt deux semaines, les horreurs des attentats de Paris se sont déchaînées, et il m’a semblé si futile, si… peu important de raconter des histoires de repas et de bon petits plats ! Je suis restée un moment dans cet état de presque sidération, et puis, la vie reprend ses droits, et de plus, comme le dit le titre de ce billet, « Living Well is the Best Revenge » (« Vivre bien est la meilleure des vengeances », citation souvent attribuée à George Herbert, mais dont la paternité semble douteuse – peu importe, c’est une phrase que j’ai toujours aimée et qui sonne si juste en ce moment !). En cadeau pour se souvenir de la beauté des choses, ces deux photos du ciel du Piémont à la tombée du jour, et ce poème de Prévert que je sais presque par coeur (en tout cas le début) depuis mes 15 ans et qui tombe à pic…

Voici donc un petit méli-mélo de ce que j’ai cuisiné ces dernières semaines, un peu dans le désordre.

Vite fait, et très réconfortant par ce soudain temps glacial, une belle pasta e fagioli.

Avec une truffe blanche en importation directe d’Alba (car nous avons passé un beau week-end gastronomique dans le Piémont), des tajarin à la truffe blanche – beaucoup de beurre, beaucoup de Parmesan, beaucoup de truffe, miam !

Une toute simple salade de pois-chiches au thon avec sauce au yaourt et au curry (une improvisation libre, et bien réussie).

Un repas indien, avec en apéritif un cocktail Bombay Fizz (Prosecco et jus de mangues, pas convaincant, tirée d’un livre de cuisine végétarienne indienne que j’aime pourtant beaucoup – et en fouillant le web je me suis rendu compte que le Bombay Fizz traditionnel n’a rien à voir avec ça !), puis une salade d’épinards sauce cacahuètes délicieuse (du livre d’Anjum Anand Indian Food Made Easy), en plat un curry de lotte et joues de cabillaud (du même livre) et du riz basmati, puis, en dessert, un étonnant et très réussi halwa de potimarron. A noter que j’ai remplacé les tomates de la salade par des mangues vertes, les tomates fraîches étant totalement insipides en cette saison, et la mangue verte constituant une substitution très agréable.

Ma recette préférée de ce livre de Ken Hom, du riz gluant au poulet et aux saucisses, pour laquelle j’utilise les savoureuses (et piquantes !) saucisses thaï à la citronnelle que je trouve chez mon épicier vietnamien.

Le kale (aussi appelé chou nordique ou chou plume) est à la mode, ça tombe bien j’adore ça (et savez-vous que le chou noir utilisé traditionnellement dans la ribollita Toscane est une sorte de kale ?) – du coup j’ai fait une excellente salade de kale et d’épeautre, tirée de ce numéro de Cuisine et vins de France (CVF pour les intimes).

Un caldo verde (soupe au chou vert et chorizo) succulent (ça aussi ça réchauffe !), du même numéro de CVF.

Une pastilla de poulet (indécoupable mais délicieuse, encore une recette du CVF de novembre), accompagnée d’une salade tiède de carottes cuites au cumin et au jus de citron.

Les dix meilleurs plats que j’ai cuisinés ces derniers temps

Non, je n’ai pas seulement été au restaurant, j’ai aussi fait la cuisine ! Voici un « best of » de ces dernières semaines :

  1. Des lasagnes bœuf et aubergines. Je les ai faites sans recette, avec des lasagnes fraîches (que je ne précuis pas), des aubergines passées à la vapeur puis grillées, du bœuf haché revenu avec des oignons, une belle béchamel bien abondante, et du Parmesan râpé. J’en ai fait pour 6 personnes, nous étions 4, mes deux Attilas ont tout ratiboisé, il n’en n’est pas resté une miette.
  2. Des pelmeni (de bœuf et porc). Je les ai achetés surgelés chez Doushka, ils étaient géniaux ! Juste cuits au bouillon, puis assaisonnés d’un tout petit peu de vinaigre et de smetana (elle aussi achetée chez Doushka), une tuerie.
  3. Un poulet à la créole absolument délicieux.
  4. Une soupe à la courge (tout simplement du potimarron paré et coupé en cubes, cuit dans du lait et mixé) accompagnée de muffins au fromage.
  5. Un hachis Parmentier au céleri inventé par moi, et je dois dire drôlement bon.
  6. Un excellent renversé de pommes au calvados.
  7. Une açorda de mariscos (panade aux fruits de mer portugaise) excellente (mais je n’ai pas utilisé le persil mentionné dans la recette, j’ai mis de la coriandre, ce qui est plus traditionnel et surtout bien meilleur).
  8. Une très bonne salade de poulet aux noix de pécan.
  9. Un chili con carne (fait avec des haricots noirs, mes préférés) accompagné de cornbread (pain de maïs) à la place de riz. La recette de cornbread provient du livre de Steven Raichlen « High Flavor Low Fat Cooking » que j’utilise avec bonheur depuis une quinzaine d’années – quant au chili, je l’ai fait au pifomètre.
  10. Un tajine de poulet aux légumes de saison (que j’ai accompagné de couscous) trouvée dans le même livre de Raichlen. L’auteur préconisait d’employer des carottes, du céleri-boule et des navets, j’ai mis des carottes, du potimarron et des coings. Ben quoi, j’aime pas les navets… et on est en pleine saison des coings, qui ont donné une délicieuse touche acidulée et fruitée.

Vacances et restaurants

Ces dernières semaines ont été bien chargées, avec entre autres le week-end du Jeûne Fédéral à Lyon avec des amis, et une semaine de vacances (splendides) en Sicile. Deux beaux endroits, deux endroits gastronomiquement fantastiques. J’ai décidé de vous livrer un article qui ne parle que de ces vacances, et des restaurants que nous avons découvert (en écrémant – je ne vous présente que les bonnes trouvailles).

Tout d’abord, Lyon. Quelques photos…

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Et puis quelques repas !

Café du Jura : un vrai bouchon, bonne franquette, bon accueil, bonne cuisine bien roborative. Ennemis des entrailles et cartilages, passez votre chemin ! Enfin, pas tout à fait, il vous reste toujours quelques plats moins « canaille », comme on dit. Nous nous sommes régalés de salade de pieds de veau (crunch, crunch, miam miam !), de gâteau de foies de volaille, de tablier de sapeur, bref, que des bonnes choses, arrosées de surcroît d’un excellent Brouilly.

Les 24 Colonnes : entre le bouchon et le bistrot modernisé, un endroit fort sympathique où le patron vous récite avec entrain une impressionnante litanie de bons plats (avec mention du fournisseur, s’il vous plaît !), mais diable, que choisir ?! Il était midi, nous nous sommes résignés à ne prendre qu’un plat, histoire de pouvoir nous balader tranquillement après sans traîner le ventre au sol, mais la prochaine fois que je vais à Lyon, je réserve un soir ! Mon andouillette à la Beaujolaise était délectable, ce serait dommage d’en rester là…  Joli choix de vins, y compris au verre.

Restaurant Vatel : il s’agit là du restaurant d’application de l’école hôtelière « Institut Vatel », le service est parfois un peu empoté (ben oui, les pauvres, ils débutent…) mais toujours charmant (et bien supervisé), et on y mange une belle cuisine classique française à prix très doux, dans un décor très « cuisine bourgeoise années 80 ». Nous avons pris un menu, avec entre autres une entrée de coquilles Saint-Jacques peut-être un peu trop éclectique dans ses garnitures (aubergines, et je ne sais plus trop quoi d’autre), mais cuites juste bien, nacrées, délicieuses. Et les desserts ! Les desserts ! J’ai beau être plus salé que sucré, même moi, je craque ! Regardez par vous-mêmes…

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Le Comptoir des Canuts : un endroit sympa, un patron sympa, une cuisine sympa ! Du lyonnais bien fait, pas cher, et servi avec le sourire ! Je me suis régalée d’une belle salade lyonnaise bien fraîche et bien garnie, et les autres convives ne se plaignaient pas non plus.

Grand Café des Négociants : un endroit splendide, surtout pour une amoureuse d’Art Nouveau comme moi

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Service aimable de grande brasserie, bonne cuisine pas donnée – on paie le nom et le décor – mais je ne me plains pas. Le tartare de saumon était excellent.

Chez Georges : mon coup de cœur absolu ! C’est petit, on est tout cougnés (comme on dit par chez nous), les patrons ont le rire aux lèvres et l’œil pétillant, et on y mange une vraie cuisine de bouchon qui m’a enchantée. J’y ai mangé de savoureux harengs pommes à l’huile (un de mes péchés mignons), et des ris de veau d’enfer.

Un petit saut en avant dans le temps, et nous voici en Sicile ! Nous avons été à Syracuse

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Noto

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Marzamemi, au bord d’une mer de rêve

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Agrigente

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Caltagirona

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Piazza Armerina (pour voir la fabuleuse Villa romaine du Casale juste à côté)

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Cefalù

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Taormina

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La cuisine sicilienne est une des grandes cuisines de la botte, mais en matière de restaurants, il faut avoir le coup d’œil, il y a malheureusement beaucoup de trappes à touristes. Mais avec un bon guide et un bon nez, on peut vraiment très bien manger.

Le Colibri (Syracuse) : totalement hors des circuits touristiques, hors de l’île d’Ortygie, mais très agréablement placé à quelques minutes de voiture du site archéologique de Neapolis, dans un quartier résidentiel. Une belle découverte ! C’est un restaurant à poissons et à fruits de mer, fréquenté par les locaux en grande majorité, et on y mange vraiment très bien. L’antipasto de fruits de mer était aussi beau que bon

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Et les trofie aux crevettes et courgettes que j’ai mangées ensuite étaient à se lécher les babines. Prix plus que raisonnables, et accueil adorable.

Kalos (Agrigente) : là, on est dans la catégorie « gastro ». Les prix vont avec, mais restent très honnêtes. L’assortiment de poissons et fruits de mer cru que j’ai pris en entrée (crudità di mare), fantastique me fait encore fantasmer… Décor raffiné, avec un seul bémol : des lumières terriblement froides.

L’Opera (Agrigente) : en pleine zone touristique, un restaurant sans prétention, qui offre des jolis plateaux d’entrée (charcuteries, fromages, etc.), des belles pâtes, des viandes et poissons simples, mais tout ça est bien fait, les portions sont impressionnantes et le service est pro et gentil. Leur terrasse avec vue sur la Vallée des Temples est vraiment sympa.

Expanificio (Agrigente) : une osteria italienne de bonne facture, juste en dehors de la zone touristique. Leur carpaccio de bœuf était vraiment bon, les pâtes au pesto sicilien et poutargue aussi, et leur steak de Wagyu était tout sauf du Wagyu, mais excellent.

Sale e Pepe (Caltanissetta) : nous avons atterri à Caltanissetta à l’heure du repas de midi, en route vers Cefalù, et quand j’ai vu l’entrée du restaurant, j’ai dit « on va là ! ». C’est l’exemple parfait de la belle trattoria cossue de province, et je savais qu’on ne pouvait que bien y manger. La surprise, c’est qu’ils servent une cuisine très moderne, une sorte de cuisine de terroir destructurée assez impressionnante ! Leur entrée de thon, avec le meilleur thon cru que j’aie goûté depuis longtemps (coupé en « feuilles »), ainsi que du thon snacké au sésame et des petites bouchées de je ne sais plus quoi d’autre, toujours au thon, témoignait d’une maestria saisissante.

Non Solo Vino (Caltagirona) : un bistrot d’habitués, tenu par un monsieur d’une extrême gentillesse. Buffet d’antipasti sympas (avec divers légumes grillés et/ou frits, dont des broccoletti délicieux, des charcuteries, bref, plein de choses agréables), puis des bons spaghetti alle vongole, bref, de la bonne cuisine italienne classique, à prix contenus.

Cortile Pepe (Cefalù) : un petit panneau au coin d’une rue m’a intriguée, j’ai regardé, ça m’a plu, et… j’ai eu raison. Il s’agit là d’un restaurant chic (et pas bon marché, d’ailleurs), on y mange une cuisine sicilienne rénovée de manière très réussie.

Il Nettuno (Taormina) : ce fut le dernier repas du voyage, et certainement le plus cher. Taormina est la plus touristique de villes que nous ayons visitées (et ce n’est pas peu dire), et la plupart des restaurants ne font pas vraiment envie. Mais en grimpant les escaliers extérieurs juste à côté de notre hôtel, j’ai vu cette jolie véranda, et mon nez a frétillé (si si !). Nous avons donc terminé « en majesté ». J’ai un souvenir ému de mon plat de filet de porc noir aux herbes (accompagné d’un petit flan de fenouil, slurp).